Je suis passé par HEC Paris, puis par Harvard. J'ai monté des entreprises, j'en ai vendu, j'en ai vu disparaître. Et s'il y a une chose que vingt ans de terrain m'ont apprise, c'est que bien des catastrophes n'ont pas été causées par un manque d'intelligence. Elles ont été causées par une conviction fausse, adoptée trop vite, et jamais vérifiée.
Un dirigeant qui mise tout sur une technologie parce qu'un conférencier l'a dit. Une carrière construite sur une méthode de management qui ne repose sur rien. Une entreprise qui change de cap sur une étude que personne n'a lue. J'ai vu ces histoires de près.
Ce blog est ma réponse à ça.
Ce que j'appelle l'hygiène intellectuelle
On se lave les mains avant de manger. On devrait vérifier une idée avant de l'adopter. C'est la même discipline, appliquée à ce qu'on met dans sa tête.
Concrètement, ça tient en quatre réflexes. Remettre tout en question, y compris ce qui vient de gens brillants, y compris ce qui m'arrange. Recroiser : une source, ce n'est pas une preuve. Comprendre le mécanisme, pas seulement la conclusion, parce qu'une conclusion sans mécanisme reste une croyance. Et changer d'avis quand les faits le demandent, sans y voir une défaite.
Une conclusion sans mécanisme n'est pas une connaissance. C'est une croyance avec un vernis.
Critiquer, oui. Détruire, non.
Critiquer un livre, une méthode, un chiffre, ce n'est pas attaquer son auteur. Les gens dont je parlerai ici ont souvent fait un travail considérable. Je les lis, je les écoute, j'apprends d'eux. C'est justement parce que je les prends au sérieux que je vérifie ce qu'ils avancent.
La critique vindicative cherche à abaisser quelqu'un. La critique constructive cherche à rapprocher tout le monde de ce qui est vrai. Je m'efforce de ne faire que la seconde. Des faits, des sources, et mon raisonnement, que vous pourrez démonter à votre tour.
Pourquoi c'est important, au-delà de moi
L'information erronée de masse n'est plus un bruit de fond. Un podcast écouté par des millions de personnes, un livre vendu à des dizaines de milliers d'exemplaires, un post repris en boucle : quand une idée fausse voyage à cette échelle, elle devient une conviction collective. Et les convictions collectives bâties sur de faux faits coûtent cher. Elles tuent des entreprises. Elles font planter des carrières. Elles orientent l'argent et le temps de gens sincères vers des impasses.
Je ne prétends pas arrêter ça. Mais je peux, à mon échelle, montrer comment on vérifie. Comment on lit une étude. Comment on distingue un effet réel d'un effet vendu. Comment on garde ce qui est bon chez quelqu'un tout en rejetant ce qui est faux.
Ce que vous trouverez ici
Des confidences, d'abord : ce que je vis en dirigeant mes entreprises, doutes compris. Des vérifications, ensuite : des idées à la mode passées au tamis des faits. Et de temps en temps, un mea culpa, parce que l'hygiène intellectuelle s'applique d'abord à soi.
Les deux premiers billets de cette série portent sur un livre que j'apprécie, The Diary of a CEO de Steven Bartlett. J'y ai trouvé deux idées séduisantes qui ne tiennent pas. Je vous montre pourquoi, pièces à l'appui.
Bienvenue dans ma tête. Elle doute beaucoup. C'est fait pour.